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Les plantes enthéogènes : Psychotrope et chamanisme

Effets, histoires et utilisations des plantes enthéogènes
Les plantes enthéogènes : Psychotrope et chamanisme

Que ça soit les oracles grecs comme la pythie du temps de Delphes, les chamans amazoniens, ou les devins, dans de nombreuses sociétés les êtres capables d’interagir avec les forces ésotériques ont une place toute particulière. Nombre d’entre eux utilisaient les bienfaits des plantes pour « entrer en transe ». Mais qu’elles étaient ces plantes ? Comment fonctionnent-elles ? Ont-elles d’autres propriétés ?

C’est ce que nous allons découvrir.

Mais tout d’abord, il faut comprendre quel est le principe de ces plantes, comprendre leur fonctionnement.

Ce sont comme chacun sait des plantes dites psychotropes, c’est-à-dire qu’elles induisent un état modifié de conscience, dans le cas où cet effet psychotrope est utilisé à des fins religieuses, spirituelles ou chamaniques on parle alors de plantes enthéogènes.

Mais pourquoi les devins consommaient-ils ces plantes ? Et bien tout simplement pour entrer en transe, pour atteindre un état de conscience inaccessible permettant de communier avec les divinités. En somme, la consommation de plantes enthéogènes permettait d’avoir accès des révélations divines obscures. On est donc loin de l’image d’expérience psychédélique que l’on a aujourd’hui de ces plantes.

Chanvre (cannabis sativa) : le plus célèbre des enthéogènes

La plus connue et sans doute l’une des plus anciennes de ces plantes est le chanvre aussi appelé le Cannabis sativa. Bien que son utilisation ait été interdite dans le courant du 20ème, le cannabis côtoie l’Homme depuis le Néolithique et sa culture remonte au moins à l’Antiquité.

Bien que l’on retrouve des traces de cette plante sous la plume du grec Hérodote au 5ème siècle avant JC, c’est en Orient que son usage spirituel et religieux se développe. Puisque qu’à l’heure d’aujourd’hui la plus ancienne mention du chanvre date du 15ème siècle avant notre ère et apparaît dans l’un des textes sacrés de l’hindouisme : l'Atharva-Véda. On parle dans celui-ci de plante sacrée pour qualifier le chanvre.

Ceci fait que le chanvre a une place toute particulière dans la culture Hindouiste, et est associée à la divinité hindoue Shiva aussi appelé « le bon, celui qui porte bonheur ». Dans la mythologie Hindouiste/Hindoue on rapporte que lors de la création de l’Amrita (ou « l’élixir de vie ») en somme de la boisson rendant les divinités immortelles, Shiva créa le chanvre à partir de son propre corps pour purifier l'élixir. Toute cette mythologie fait que le Chanvre est une plante très importante des fêtes religieuses dont la consommation est sacrée et considérée comme un péché en dehors des rites.

On retrouve des traces du Chanvre et de sa consommation dans de nombreux autres endroits du monde et à de nombreuses époques, en Chine, en Perse, en Afrique, en Jamaique, dans la culture Hippy et dans la mythologie Germanique. 

Mais la particularité du chanvre est qui ne se limite pas à cet aspect enthéogène. On le retrouve notamment aujourd’hui dans l’industrie textile et en usage médicinal sous forme de cannabis thérapeutique. En fonction de la législation du pays, il est notamment utilisé dans différentes indications : douleur, nausées et vomissements, stimulation de l'appétit, mais aussi comme bronchodilatateur (dans l'asthme), comme antispasmodique (dans la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques) ou comme vasodilatateur (dans le glaucome).

Cette plante riche en vitamines est également utilisée à des fins cosmétiques, dans des crèmes toniques pour le corps par exemple. C'est une crème de jour hydratante et regénérante pour tous types de peau : peaux sensibles, peaux sèches, peaux à imperfections, peaux qui subit le vieillissement cutané.

Tout ceci fait que le chanvre sous sa forme cannabis est aujourd’hui une plante qui fait débat dans de nombreuses sociétés.

La Mandragore : la plante enthogène des sorcières 

Nous allons nous pencher sur une plante plus européenne, popularisé dans la saga Harry Potter, la Mandragore. Cette plante toxique aux propriétés hallucinogènes est entourée de mystère, du fait de sa racine anthropomorphe, et fut longtemps considérée comme une plante magique. Déjà connue des Grecs anciens ce n’est qu’au Moyen-âge que la Mandragore s’entoure d’un mysticisme tout particulier et que l’on commence à la considérer comme une plante magique utilisée en sorcellerie.

Et c’est notamment avec les sorcières que l’usage enthéogène de cette plante a connu son Age d’or. D’après les légendes celles-ci consommaient de la racine de mandragore sous forme d’onguent avant de se rendre au sabbat. On rapporte que l’effet psychotrope de la Mandragore était plus important s’il était introduit par voie vaginale (l’absorption étant plus rapide). Les autorités de l’époque rapportent alors que les sorcières avaient pour coutume d’enduire des balais, des bâtons et autres fourches durant le sabbat afin de connaitre des crises psychédéliques. Ceci aurait donné l’image populaire de la sorcière volant sur son balai.

Les champignons hallucinogènes : des enthéogènes redécouverts

Les champignons hallucinogènes ont un nom très explicite. Aujourd’hui nous connaissons presque 200 variétés de champignons ayant des effets enthéogènes. Leur utilisation est très ancienne. Des représentations rupestres de consommation de champignon lors de rituels ont été découvertes dans le Sahara et remontraient à plus de 7000 ans avant JC. De l’autre côté du monde on a retrouvé des statuettes mayas en forme de champion témoignant de leur usage lors des rites religieux. D’ailleurs de nombreux dieux sont assimilés à ces plantes : le dieu Piltzintecuhtli dieu mexicain des plantes hallucinogènes dont les champignons divins et le dieu aztèque Xochipilli dieu du rêve fleuri.

La première mention de ces champignons hallucinogènes dans la littérature occidentale date du milieu du 16ème siècle. Le Codex de Florence (Historia general de las cosas de la Nueva España), écrit par le clerc espagnol Bernardino de Sahagún entre 1547 et 1569 en mentionne notamment l'usage dans les cérémonies religieuses des Aztèques.

Ainsi ces champignons ont été consommés depuis des millénaires, et ce en lien avec des pratiques chamaniques et religieuses, mais très récemment, depuis les années 60 environ, la popularité de ceux-ci a explosé, faisant de lui « le produit hallucinogène le plus consommé, même si, de par sa nature hallucinogène incompatible avec une vie sociale, ce produit ne reste consommé qu'épisodiquement » d’après le 5ème rapport national du dispositif TREND mis en place par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Le mot de la fin

Avant de conclure, je tiens évidemment à préciser que la consommation de ces plantes enthéogènes est fortement règlementé si ce n’est interdit. Il faut de plus qu’il s’agit avant toutes de plantes toxiques dont la dose hallucinogène est très proche de la dose létale, ce qui les rend extrêmenment dangereuses.

En définitif, les plantes enthéogènes ont quelle que soit l’époque et quel que soit le lieu toujours eu une longue histoire avec l’homme et sa spiritualité. Considérée comme des plantes magies et sacrées elles sont aujourd’hui réservées à des usages médicaux qui ont su exploiter le meilleur de ces plantes et qui sont de l’usage récréatif que nous avons d’elles.