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Les plantes toxiques célèbres

Effets, histoires et utilisations célèbres des plantes toxiques
Les plantes toxiques célèbres

Quand on pense aux plantes, on a tout de suite en tête cette image de mère nature, protectrice et bienfaitrice et l’on ne pense pas forcément au côté un peu plus « piquant » de celle-ci.

La nature est en effet duale, tantôt un médicament tantôt un poison et la limite entre les deux est parfois très fine et ce qui fait la différence entre ces facettes des plantes est avant tout l’utilisation que l’on en fait.

Et donc aujourd’hui je vais vous parler de la pire de ces utilisations, la sorte de côté obscur des plantes : l’utilisation comme poison. De Socrate à Néron en passant par les Borgia, l’Histoire et les affaires criminelles regorgent de faits où les plantes ont été utilisées pour fraichir le Rubicon et commettre des crimes.  

Aujourd’hui je vais vous présenter un top 5 des plantes toxiques. Et nous allons tout de suite commencer par l’une des plus connues : l’aconit.

 

L’aconit, notre plante toxique commume

L’aconit est plante que l’on peut retrouver partout en Europe et notamment dans les massifs montagneux français et qui a très fortement marqué notre folklore. Surnommée la capuche du moine, le casque de Minerve ou tout simplement tue-loup, cette plante est célèbre depuis l’Antiquité puisqu’on la dit issue de la bave des crocs de Cerbère, le chien à trois tête, gardien des enfers lui-même dans la mythologie grecque.

On rapporte également que le célèbre général carthaginois, Hannibal, capturé par les Romains se serait suicidé en avalant de l’aconit qu’il transportait cachée dans sa bague et ce afin d’échapper au sort que lui réservaient ses geôliers.

Il subit alors courageusement l’anesthésie progressive d’abord dans les lèvres, la bouche, le larynx accompagné d’une impression de « sang glacé » et qui se transforma très rapidement en hypothermie, en diarrhées et en paralysie musculaire ce qui entraina la mort.

Au Moyen-Âge on utilisait l’aconit pour empoisonner les flèches pour la guerre mais aussi pour la chasse et notamment pour chasser les ours et les loups. C’est cet usage qui lui donna le surnom de tue-loup et qui fit qu’elle fut considérée longtemps comme une plante magique capable de repousser les loup-garous, les vampires et les démons.

En somme l’aconit est connu depuis très longtemps pour ses propriétés vénéneuses mais cela n’empêche pas celle-ci de faire encore des victimes à l’image de ce couple de randonneurs qui en 2018 se sont intoxiqués en consommant de l’aconit qu’ils avaient confondue avec une plante comestible.

La Ciguë, la toxique du philosophe

Comment vous parler de la ciguë sans vous parler du plus célèbre empoisonnement de celle-ci, je parle ici de l’empoisonnement de l’un des philosophes les plus reconnus de l’histoire : Socrate.

Le philosophe fut en effet condamné à mort par ses compatriotes pour ne pas reconnaître les mêmes dieux que l’État, pour introduire des divinités nouvelles et pour corrompre la jeunesse. Socrate du alors consommer une boisson à base de ciguë afin de mettre fin à ces jours. Tout ceci nous est rapporté par Platon, le disciple de Socrate, dans son œuvre Phédon ce qui permettra de donner du corps à la philosophie platonicienne. La mort de Socrate est sans doute enjolivée par son disciple puisqu’elle nous est rapportée sereine et calme alors que les effets d’un empoissonnement à la ciguë sont beaucoup plus spectaculaires : convulsions violentes, yeux exorbités, écoulement de salive, délires, douleurs et finalement la mort. En somme un trépas peu réjouissant.

Mort de Socrate

Heureusement pour nous cette plante envahissante que l’on retrouve partout sur le continent eurasien, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord, exhale une odeur désagréable lorsqu’elle est froissée ou mastiquée ce qui fait que les cas d’intoxications sont très rares.

Le Ricin, la plante des assassins

Je vais maintenant vous parler de ricin et de la ricine, cette toxine étant l’une des plus redoutables de tout le règne végétal. Le ricin, originaire des pays tropicaux est avant tout connu pour son huile, l’huile de ricin, inoffensive et réputée pour être très purgative. Cette plante est ainsi connue depuis des millénaires mais ce n’est que très récemment que la ricine a fait son entrée dans le monde très fermé des poisons. En effet ce fut avec l’assassinat à Londres du dissident Bulgare Georgi Ivanov Markov par le KGB et les services secrets bulgares que l’utilisation de la ricine comme poison fut mise en lumière. On donna le nom de « parapluie bulgare » à cette affaire en référence à l’utilisation d’un parapluie pour injecter la ricine à Markov. Tout ceci permit de mettre en lumière le pouvoir toxique de cette substance par injection même à des doses très infimes.

Mais aujourd’hui la ricine fait surtout parler d’elle pour son potentiel dans le bioterrorisme. L’abondance de ricin, son faible prix ainsi que l’absence de remède font de la ricine l’un des poisons les plus dangereux au monde.

Je tiens cependant à vous rassurer à propos de l’huile ricin, celle-ci n’est absolument pas toxique puisque la ricine n’est pas extraite de la graine lors du processus de fabrication. La ricine, qui n’est pas soluble dans l’huile reste donc dans le reliquat généralement appelé tourteau de ricin et sert d’engrais.

La Belladone, la belle dame

La belladone tient son nom de l’italien Belladonna signifiant belle dame en allusion aux Vénitiennes qui utilisaient la sève de cette plante comme goutte pour dilater les pupilles et renforcer la noirceur des yeux. Aujourd’hui les ophtalmologistes utilisent d’ailleurs l’un des principes actifs de la Belladone pour dilater la pupille et réaliser un fond de l’œil. Mais ce qu’il faut retenir de ce petit arbuste c’est que son fruit est extrêmement toxique.

Très tôt utilisée pour provoquer des hallucinations, on peut penser notamment à la Pythie de Delphes qui inhalait de la fumée de Belladone avant de rendre ces oracles, cette plante était également utilisée à des fins criminelles. L’un des usages que l’on retient aujourd’hui est son utilisation lors des interrogatoires des sorcières au Moyen-Âge, celles-ci soumises à la Question devaient boire une concoction à base de Belladone, prises d’hallucinations et de démence les prétendues sorcières avouaient tout et n’importe quoi.

Vous l’aurez donc compris la Belladone agit sur le système nerveux, mais elle cause également de la tachycardie, de violents troubles digestifs et une gêne respiratoire pouvant entrainer la mort.

La mandragore, la plante magique et toxique

La dernière plante toxique que je vais aborder aujourd’hui a été rendu célèbre par Harry Potter … Vous l’avez ? … Il s’agit bien évidemment de la Mandragore.

Cette plante est entourée de mysticismes, de rituels et de magie. On raconte d’ailleurs que lorsqu’on extrait la Mandragore de la terre, elle pousse un cri effrayant qui fait mourir celui qui l’entend, c’est cette vision que l’on retient tous et qui apparaÎt dans les livres de J.K Rowling.

Mais revenons aux nombreuses propriétés néfastes de cette plante. Celle-ci possède en effet de forts pouvoirs stupéfiants causés par son alcaloïde principal : l'hyoscyamine.

Hannibal et le piège de mandragore

On peut illustrer les propriétés toxiques de la Mandragore grâce à Hannibal, et oui encore lui. En effet celui-ci lors d'une campagne africaine du faire face à une mutinerie d'une partie de ses légions et c’est là qui mis à profit la mandragore. Hannibal simula une retraite précipitée et oublia délibérément derrière lui plusieurs jarres de vin. Les mutins, ravis de cette aubaine, fêtèrent dignement leur victoire en s'abreuvant de leur trésor de guerre. Cependant des racines de mandragore avaient été laissées à macérer dans les jarres et les buveurs tombèrent tous dans une ivresse stupéfiante remplie de rêves fantastiques et d'hallucinations terrifiantes. Le général carthaginois n’eut plus qu’à revenir pour surprendre les traitres et s’occuper d’eux.

Le mot de la fin

Nous venons de voir l’un des aspects les plus dangereux que la nature a à nous offrir. L’histoire des poisons, tout comme celle des médicaments avance, s’écrit et progresse en bien ou en mal. On peut cependant faire aujourd’hui preuve de beaucoup plus d’optimiste puisque désormais nous pouvons mieux détecter, analyser et donc traiter les poisons en leur trouvant des remèdes. Peut-être qu’un jour nous aurons les remèdes à tous les poisons que le seul poison qui subsistera sera celui que l’homme distille dans sa propension à faire le mal.